Centaure.org - Autre vérité

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Richesse des Emotions
 
 
 
 
Autre vérité
 
Je cherche constamment à donner un sens aux événements de ma vie, et aussi à la situation sur l’ensemble de la planète. Puisque le hasard n’existe pas, quelque chose doit m’échapper pour que je sente de façon si aiguë les limites de ma condition humaine, pour que la planète continue d’être en état d’urgence. L’impuissance me ronge parfois et j’emprunte cette avenue pour repousser, voire renverser la vapeur.
 
 
 
 
 
 
  
 
 
Souvent, écouter ou lire les nouvelles m'exaspère. Quelque chose manque. J’ai le goût d’explorer une autre façon d’en faire la lecture. Une sorte de chaînon manquant moderne?
Je sais qu’un monde différent demeure inexploré. Je sais que la vérité n’est pas unique. Je sais aussi que la société, ma culture, mon éducation et mes croyances ont restreint ma vision, ma perception. Je choisis maintenant une autre forme d'apprentissage. Les événements, les situations, et les gens seront mes enseignants.
Les gens qui me connaissent vont sourire parce qu’il y aura beaucoup de questions à répondre. Selon moi, la chose la plus merveilleuse en se posant des questions est de se placer en mode de quête et de réceptivité. Parfois une réponse est trouvée, parfois aucune ne l'est. Parfois, apprendre à aimer la question elle-même est la seule réponse à trouver puisqu'aucune autre n’est donnée. Pour le moment. La vie est tellement sage.
La vérité. Je tente ici d’en explorer une autre. Elle sera confrontante, choquante, révélatrice, amusante, déstabilisante et/ou déconcertante. Elle sera à coup sûr différente.
Vraie? Fausse? Ni l’une ni l’autre. Le discernement de chacun-e aura à assurer la juste mesure.
 
 
U n   a v e r t i s s e m e n t
 
De l’audace et de l’humilité sont nécessaire pour aller plus loin. Je reconnais que les sujets abordés ici sont très délicats. Je ne minimise d’aucune façon la gravité de ces situations, ni des conséquences qui en découlent dans la vie des gens directement impliqués. J’ose simplement apporter une lumière différente sur ces situations, sur moi-même, sur nous tous.  Peut-être alors pourrions-nous vivre dans un monde sans elles, ultimement.  Quand quelque chose existe, son sens se trouve quelque part.  Quelque part...  Et si ces situations n'avaient plus à refaire surface dans nos vies sous quelque forme que ce soit?   Ferions-nous alors plus de place pour ce que nous souhaitons profondément? 
 
 
 
Huitième  Autre vérité
 
 
De quels fils se tisse le hijab que je porte?
 
Le port de la casquette provoque la calvitie mais peut aussi la dissimuler. Cher paradoxe quand tu nous tiens !!   Et le hijab n’est pas neutre. Pas plus que moi à son égard. Et il soulève les passions, pro ou contre. Rarement l’indifférence. Beaucoup de fils tissés. Serrés ou lâches.
  
 
Est-ce que j’en fais le témoin d’une identité perdue ? Celle des autres ou la mienne ? Est-ce que j’en fais le témoin d’une quête profonde de sens ? Est-ce qu’il confronte mon incapacité à entreprendre ma propre quête? Est-ce qu’il affronte mon propre désir d’afficher ma différence ? Est-ce que l’anonymat ou l’homogénéité en sont venus à soutenir ma peur de ma différence ? Est-ce que j’ose m’afficher, me différencier ? Suis-je suffisamment affirmée dans ma différence pour oser la revêtir ? Comment ma différence est-elle reçue ? Est-ce qu’elle est fière et affichée ? Désuète et étouffée ? Oubliée ? D’ailleurs, de quelle façon j’assume mon image ?   Est-ce que je suscite la colère ? Est-ce que je suscite le respect ? Comment je réagis à l’attention ou à l’intérêt que je suscite ? Est-ce que je choisis de m’inclure ou de m’isoler ? De quoi ? Pourquoi ?  Est-ce que mon besoin de reconnaissance est déshydraté par mon manque d’audace ? Ou est-il tellement fort qu’on refuse de le valider ? Aussi, à quel symbole je m’accroche pour me définir ? De quel symbole ai-je besoin pour solidifier mon identité ? À quel symbole je m’accroche si farouchement ? Ai-je besoin d’un symbole pour affirmer ma foi fondamentale ? Ou mon histoire ? Ou ma culture ? Et quels sont-elles ces convictions que je porte ? Sont-elles les miennes ou celles des autres ? De quoi se tissent-elles? Et de quelle façon je choisis de traduire ces mêmes convictions ? En ai-je le courage ? L’obligation ? Selon qui ou quoi ? Et sont-elles vraiment des convictions ? Ou des clones d’habitudes révolues ? Est-ce que je connais le fondement des règles auxquelles je me soumets ? Est-ce que je peux affirmer l’intégrité et l’intégralité de ces mêmes fondements ? Suis-je en mesure d’utiliser mon discernement? Est-ce que je le fais? Qu’est-ce que ce hijab me rappelle donc ? Une version matérielle de mon besoin d’appartenance ? Et de quel façon j’y réponds à ce besoin? Est-ce que ce hijab me rappelle ma soumission à un dogme déshumanisé (en période de campagne électorale au Québec, la question est plutôt intéressante !)? D’ailleurs, quel instrument d’oppression j’utilise ? Est-ce qu’il témoigne de ma révolte en quête de liberté ? Et quelle est cette liberté que je réclame ? Pour qui je le fais ? Quelle liberté ai-je envie d’atteindre ? Ou d’éteindre ?   Suis-je en mesure de différencier soumission et affirmation ? Où en suis-je moi-même entre les deux ?  À une extrémité ? À l’autre ? En déséquilibre ? En harmonie? Et enfin, ai-je banni de mon identité ma polarité féminine ? Est-ce que j’ai besoin de me protéger de la féminité? Est-elle associée essentiellement à un pouvoir de séduction ?  À l’éveil chez l’autre du désir sexuel ? Et ce désir sexuel, m’est-il dégradant? Et qu’est-ce que je considère dégradant : le fait de dissimuler la beauté ou de l’exposer ? Et quelle beauté ai-je choisi de dissimuler ? L’ai-je fait volontairement ? Consciemment ? Égoïstement ? Est-ce que le mystère et la sensibilité qui m’habitent peuvent être affichés ? Doivent-ils être dissimulés ? Est-ce que ma modestie est libératrice ou enfermante ? Ou inexistante ? Et est-ce que je choisis de préserver ma dignité ? Comment déjà ?
 
Il y a ces standards que l’on souhaite pour les autres, et il y a ceux que l’on porte avec et pour soi. Parfois les mêmes, parfois un monde de différence. Un autre paradoxe. Ou une désolante aberration. À chacun-e sa quête d’identité. Et ce n’est pas parce que l’on souhaite pouvoir manier l’identité des autres que la nôtre devient du coup plus affirmée. Elle s’infirme en fait. Et la tienne ? Infirmée ou affirmée ?
  
                           
8 mars 2007

8 mars et toujours                          Pour s'en rappeler, parce que c'est encore nécessaire.

 
 
 
Septième  Autre vérité
 
 
Qu'est-ce qui se passe dans mon Israël?
  
 
Suis-je en mesure de reconnaître que ma réelle motivation a une toute autre intention que celle que j’annonce?  Pourquoi je refuse de nommer clairement les fondements de mon agressivité?  Puis-je me définir autrement que par la puissance de mes attaques?  Pourquoi suis-je convaincu que la seule façon pour moi d’exister est en déployant démesurément ma force?  Aurai-je l’intégrité de reconnaître cette démesure?  Est-ce que je reconnais que j’utilise moi-même la terreur pour atteindre mes objectifs?  Comment ai-je fait de ma force d’attaque la mesure de mon droit d’exister?  Pourquoi?  Est-ce que les combats m’approchent vraiment du but que je veux atteindre?  Qu’est-ce qui me menace exactement?  La violence qui vit en moi?  Est-ce que ma violence est nécessairement légitime parce que c’est moi qui la justifie?  Vais-je admettre que je me suis trompé?  Que mon choix de moyen pour régler mon conflit n’a rien d’une véritable solution?  Vais-je reconnaître qu’utiliser mon pouvoir dans le but de contrôler quelqu’un d’autre n’est qu’un laisser-passer vers l’escalade?  Est-ce que je peux encore prétendre pouvoir maîtriser par mes armes la rage à laquelle j'ai moi-même contribué?  Pourquoi les lieux ont-il une si grande emprise sur mes choix?  Est-ce qu’un lieu physique est plus important que la vie elle-même?  Puis-je m’ouvrir à la possibilité que la menace que je persiste à identifier chez mon opposant réside d’abord en moi-même?  Que je l’incarne, littéralement?  Quand serai-je prêt à reconnaître ma propre responsabilité dans mes conflits au lieu de les attribuer délibérément aux autres?  Pourquoi suis-je encore pris dans ce cycle bourreau-victime?  Pourquoi je refuse d’écouter ces autres parties de moi qui désirent la fin de ma violence?  Ai-je oublié la souffrance que j’ai moi-même subie?  Puis-je voir que la violence que j’observe chez les autres est la même que je choisis d’imposer à mon tour?  Aurai-je l’humilité de reconnaître que la violence que je subie est à la fois celle qui m’habite? Que j’abrite? Quand je reproche aux autres l’influence qu’ils ont dans le conflit actuel, puis-je si aisément cerner la mienne? Qu’est-ce qui me nourrit dans la guerre? Quand je choisis l’attaque, est-ce que j’entends aussi ces parties de moi qui s’y opposent, farouchement?   Quel serait le risque si j’osais les écouter?  Pour ces parties de moi prises en otage, suis-je réellement justifié d’anéantir tout ce que l’autre est?  Quelles devront être les conséquences de mon besoin de contrôle et de domination pour que j’ose me remette en question?  Sachant moi-même le prix que j’ai dû payer?   Vais-je accepter que la résistance à ma volonté a aussi son histoire et sa raison d’être?  Et qui sont mes réels alliés dans ce conflit que je vis présentement?  Est-ce que quelqu’un qui affirme la même chose que moi est nécessairement un allié?  Puis-je prétendre vouloir la paix alors que j’ai d’abord moi-même choisi la destruction?  Est-ce que la paix est réellement ce que je souhaite?  Est-elle seulement un masque confortable pour mon ego avare?  Aurai-je le courage de reconnaître la souffrance que j’impose?  Et de reconnaître qu’elle puisse faire obstacle à la paix que je dis souhaiter?  Est-ce que je reconnais qu’espérer la paix maintenant relève d’une profonde hypocrisie?  Puis-je m’offrir la sagesse d’une révision sincère et authentique de mes réelles intentions?  Vais-je m’ouvrir un jour à la paix, réelle et sincère, ou vais-je demeurer confortable dans mon tiraillement si familier?  Que vais-je choisir, ultimement : avoir raison ou être heureux? Puis-je créer une zone de repos des armes et d’ouverture du cœur? Ai-je peur d’avoir à oser la paix, franchement?  Définitivement?
 
Et pour ceux qui croient que la paix se choisit aisément, il y a une partie de vous qui demeurent dans une tranchée boueuse, près d’un terrain miné ou d’un convoi de chars d’assaut.  Ou vous avez délibérément choisi de regarder la guerre droit dans les yeux et l'avez acceptée pour ce qu’elle a été, une partie de vous.
  
 
6 août 2006
 
 
 
Sixième Autre vérité
 
 
Mon Abou Moussab Al-Zarqaoui est-il réellement mort?
  
 
Quelles blessures nourrissent encore cette violence que je valorise et justifie?  Est-ce que je reconnais que mes actes portent ma violence depuis longtemps?  Est-ce que je reconnais que je dénature le sens de la vie?  Quelle rage ai-je entretenue pour justifier des actions si drastiquement extrémistes?  Quelle partie de moi je déteste autant pour délibérément choisir de les décapiter vivantes?  Ai-je si peur de la lumière et de la liberté que je ne peux que choisir de faire régner la terreur?  Quelle est cette menace perçue que j’utilise pour justifier ma violence?  Pourquoi ceux qui pensent différemment de moi deviennent mes ennemis?  Le sont-ils vraiment?  Qu’est-ce que je renie tant pour me sentir justifier de l’éliminer à chaque fois que je le rencontre?  Qu’est-ce que l’innovation, la nouveauté, suscite en moi?  Ai-je à ce point peur de la différence, que je m’accorde un pouvoir qui ne m’appartient pas?   Quelle est cette partie de moi qui revendique une voix, désespérément?  Quel prix ferais-je payé pour avoir laissé une idéologie, un dogme, prendre le contrôle de qui je suis?  Ai-je un réel idéal ou une simple soif sans fond de contrôle?  Quelles sont les conséquences de refuser de remettre en question mes fondements?  À quelle valeur profonde suis-je infidèle pour juger et exécuter, sans appel?  Comment et pourquoi ai-je décidé que MA façon devait être LA façon?  Quelle arme vais-je utiliser pour prouver que j’ai raison?  Est-ce que mon leadership s’appuie sur une réelle force ou sur une peur déraisonnée?  Suis-je consciente de baser ma force sur mon emprise sur les autres?  Que pourrais-je accomplir si je convertissais mes stratégies de destruction en une stratégie de construction?  Contre quoi s’érige ma résistance? Quelle conviction a causé ma propre perte?
 
Et si, par l’un de ces curieux hasards, aucune de ces questions s’appliquent, et bien Abou Moussab Al-Zarqaoui n’aura pas été le seul à se mentir et à devoir affronter la mort.  D'un monde à un autre, peu importe lequel.
  
 
18 juin 2006
 
 
 
Cinquème Autre vérité
 
 
Comment se porte mon Tchernobyl?
 
20 ans, beaucoup de temps déjà, et si peu à la fois…  Et maintenant il y a l’Iran qui a repris ses activités nucléaires.  Sans oublier tous les autres, moins soumis au focus et/ou à la manipulation des médias..  Et même si tout ceci s’est passé ou se passe à ce qu’on peut considérer l’autre bout du monde, nous risquons tous d’en subir les conséquences, directes ou indirectes.   Nous tous.
 
 
Quelle est donc cette énergie extrêmement puissante qui irradie ma propre vie? Quelle est cette partie de moi qui est devenue instable et qui recherche avidement son équilibre?  Suis-je consciente que de cette quête d’équilibre engendre la libération d’une quantité extraordinaire d’énergie?  Suis-je consciente de la puissance de l’énergie à laquelle j’ai accès?  Est-ce que je canalise l’énergie que je génère de façon constructive?  Ai-je perdu la maîtrise de la puissance de cette énergie?  Pourquoi ai-je consenti à utiliser une énergie potentiellement destructrice?  Ai-je cru à tort la maîtriser?  L’utilisation que je fais de l’énergie à ma disposition est-elle aligné à un réel besoin?  Quel est le focus de mon intention?   Vais-je attendre l’urgence et la catastrophe avant de développer et d’accroître ma maîtrise de la situation?  Combien de vies devront être ravagées pour que je reconnaisse ma négligence?  Mon incompétence?  Vais-je continuer de soumettre les autres à mes choix mal assumés sans égard aux conséquences?  Vais-je continuer de nier l’évidence, malgré toutes les connaissances acquises et les preuves entassées?  Et si mon ego croyait à tort pouvoir contenir une telle énergie?  Et si mon cœur était le seul à la hauteur de la situation?  Est-ce que je reconnais que mon avidité contribue à ma perte, et à celle de beaucoup d’autres?  Est-ce que je me rappelle qu’une énergie incroyablement puissante est toujours barricadée dans mes décombres?  Vais-je réussir à la canaliser ou vais-je devoir m’en protéger définitivement?
 
Et, Humanité, quand allons-nous saisir que notre quête assoiffée de pouvoir, de prestige et d’avancement sont sauvagement et inlassablement destructrices? 
  
 
28 avril 2006
 
 
 
Quatrième Autre vérité
 
 
J’ai vu le film Trafic humain il y a quelques jours. J’en suis encore imprégnée. Ceux qui l’ont vu savent ce que je veux dire. Pour ceux qui n’auraient pas su, pu, osé, ou voulu, quelques bribes sont disponibles en anglais (et malgré une limite possible à cause de la langue, les images parlent d'elles-mêmes)
 
Suite à ce 4 heures, j’ai eu besoin de décanter. D’en pleurer. D’en parler. Et d’écrire aussi. Par besoin et par nécessité. Toujours cette quête de sens.
  
 
Il y a ceux qui tuent. Un geste, un ou des corps sans vie, sans équivoque.  Et il y a ceux qui tuent différemment.  Aucun – ou si peu - corps sans vie.  Biologiquement. Sexuellement, physiquement, psychologiquement, il en est autrement.
Il y a ceux qui sont directement impliqués.  Toujours sans équivoque.  Et il y a les autres.  Ceux qui savent et qui s’en balance.  Quotidien oblige.  Il y a aussi ceux qui ignorent la situation.  Involontairement.  Ou volontairement.  Par paresse, par souci de confort, par inconscience.  Et enfin il y a ceux qui savent et qui croient qu’ils n’y peuvent rien.  Et qui ont tort.
 
Pour ceux que j’aurais oublié, manifestez-vous.
 
Quel extrême vais-je franchir pour élargir mon pouvoir de dominance –en tant que personne et/ou en tant qu’être humain/inhumain?  Combien de règles humaines minimales vais-je ignorer pour maintenir mon image de succès?  De supériorité?  De contrôle?  Combien de larmes vais-je choisir de voir couler pour intensifier mon insensibilité?  Qu’est-ce qui est servi quand je choisi de taire ma sensibilité?  De quoi ai-je si peur?  Combien de temps encore vais-je valoriser le pouvoir avide de l’argent lui-même?  Combien de temps vais-je ignorer tout ce qui contrarie mon idée de confort?  Combien de temps encore vais-je utiliser les autres pour faire –ou économiser- de l’argent?  Comment ai-je oublié que la passion et l’intention peuvent créer, et aussi détruire?  Comment ai-je fais de mes standards de vie une valeur plus importante que la qualité de vie élémentaire –ou la vie elle-même- d’autres personnes? Quand et comment, à la croisée des chemins, ai-je décidé d’échanger le bien-être de gens pour quelques possessions – matérielles ou non- supplémentaires?  Pour combien de temps vais-je accueillir et nourrir la peur dans ma vie?  Combien de temps vais-je accepter d’être une témoin silencieuse d’horreurs semblables –ici, là-bas, partout- parce que je ne me sens pas concernée?  Quand vais-je choisir d’expérimenter le pouvoir de la passion et de l’intention basé sur le plus grand bien de tous?  Quand vais-je accepter de reconnaître la réalité de gens qui vivent l’enfer et de faire quelque chose?  Quand vais-je accepter que je peux faire une différence, et que j’en ai la responsabilité?
 

L'esclavage existe encore

 
Liens à explorer pour agir :
 
Je soutiens qu’il est de notre responsabilité, quand nous savons, de poser un et même des gestes, avec toute la puissance de l’intention. C’est peut-être pourquoi si souvent nous préférons ne pas savoir. Sûrement en fait.
 
Et en passant, malgré les horreurs de notre monde, de quoi suis-je reconnaissante aujourd’hui? …parce que j’ai peut-être oublié de le reconnaître récemment.
 
 
6 avril 2006
 
 
 
Troisième Autre vérité
 
 
J’ai regardé Voleur d’enfance, le documentaire de Paul Arcand, qui était diffusé  vendredi dernier à Radio-Canada.   Choquant mélange d’horreurs, de désolations et d’aberrations.   Aussi  - enfin! -  un grand silence qui s’abstient, et une voix qui s’élève.   Des voix qui s’élèvent.   Quel courage exceptionnel d’oser.
 
 
Comment va ma DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) ces temps-ci?  Comment va cette partie de moi qui a une énorme responsabilité et qui y a failli, gravement?   Pourquoi choisit-elle de faire la sourde-oreille et l’aveugle-œil?  Pourquoi, même après des décisions si lourdes de conséquences, en suis-je encore à vouloir bêtement tout contrôler pour préserver mon image?  Et que reste-t-il donc derrière cette image?  Ai-je le courage de regarder?  Est-ce que je me rappelle de ma réelle raison d’être?  Ai-je simplement réclamé un statut, sans accepter d’assumer activement mon rôle premier?  Ai-je tellement voulu ériger une structure importante pour exister, que j’ai négligé aveuglément le sol sur lequel je souhaitais m’enraciner?  Puis-je m’engager à promouvoir mon intégrité ou suis-je enlisée à me complaire dans une sordide et néfaste auto-protection?  Est-ce que je m’offre les ressources nécessaires pour accueillir ma souffrance, ma solitude, mon vide, ma douleur, ou je me gave généreusement de discours confortablement intellectuels, froidement insensibles?  Est-ce que je me rappelle du son de ce petit moi qui pleure?  Qui crie?  Et qui finalement finit par se taire, tellement sa rage est insoutenable?  Si oui, est-ce que j’en tiens compte?   Si non, quel prix ai-je payé depuis?  Quel prix continuerai-je de payer?   Ai-je dévié de ma mission et compromis mon intégrité profonde, pour un peu de prestige, pour abuser à mon tour, par mon ignorance?  Par mon indifférence?  Combien de fois ai-je cru comprendre alors que je me leurrais?  Pourquoi?  Combien de fois ai-je délibérément menti pour masquer mon insignifiance?  Et pourquoi encore?  Ai-je isolé mes révoltes, mes détresses, mes colères, sans égard aux inévitables conséquences?  Et finalement, quelle place ai-je fait à la tendresse, à l’amour, à l’écoute, à la force de la présence?  Qu’ai-je protégé en fait?  Ma structure profondément défaillante ou ma saine et puissante innocence?
 
M’aurais-je accordé de droit de briser qui je suis, même inconsciemment? 
 
 
Mars 2006
 
 
 
Deuxième, un peu différente, Autre vérité
 
 
Un nouveau gouvernement fédéral au Canada.  Janvier.  Aussi le moment d'activer ces résolutions si récemment prises.  Quelques questions se pointent, bien spontanément. 
 
 
Comment va cette partie conservatrice de moi nouvellement au pouvoir?  Comment va le leader de mon gouvernement jusqu’à maintenant?  Est-ce que j’ai au moins voté?  Que je l’aie délibérément choisi ou non, cette partie de moi est en position de pouvoir.  J’ai réclamé un pouvoir, et j’y ai mis suffisamment d’intention et d’attention pour l’obtenir.  Vais-je savoir en tirer profit de façon bénéfique?  Vais-je oser tenir mes promesses cette fois ou vais-je simplement manigancer des excuses ou prétendre avoir oublié, comme je l’ai déjà fait si souvent avant?  Et comment va cette partie de moi qui a réclamé ce pouvoir, sachant si mal qu’est-ce qu’elle pourrait en faire concrètement?  Vais-je honorer ma parole ou vais-je ignorer les conséquences de ces paroles brisées?  Est-ce que cette partie de moi va mériter la confiance que j’ose mettre en elle?  Est-ce que mon pays entier, mon corps, mon âme, mon esprit, va être considéré assez important pour faire ce qui doit être fait?  Pour le plus grand bien de tous?  Vais-je me faire confiance suffisamment pour gérer cette nouvelle position?  Vais-je me faire confiance suffisamment pour utiliser cette nouvelle et puissante position pour générer quelque chose qui saura inspirer une profonde fierté?  Vais-je utiliser cette position pour m’aligner avec la mission de mon âme ou vais-je l’utiliser égoïstement, en oubliant les responsabilités qui viennent avec une position de pouvoir?  Est-ce que cette partie de moi aura suffisamment confiance en elle pour coopérer avec toutes les parties impliquées, sans prétendre tout connaître?  Ayant autant d’influence sur toutes les parties de mon propre pays, vais-je reconnaître ce rôle critique, cette opportunité en or?  Oui, cette puissante partie de moi est en position d’influence maintenant.  Est-ce que je peux compter sur elle pour changer ma vie?  Vais-je finalement reconnaître que tout mon pays doit être impliqué pour faire une différence enrichissante et durable? 
 
Parallèlement à ceci, vais-je avoir besoin éternellement d’un pouvoir externe (gouvernement, religion, etc.) pour me rappeler quelle direction doit prendre ma vie?  Encore mieux : vais-je continuer de penser que j’ai besoin d’un pouvoir extérieur pour mener ma vie comme je l’ai déjà choisi au tout début?  Vais-je un jour trouver en moi la capacité de gouverner mon propre pays et ce, pour le plus grand bien de tous?  Ne sommes-nous pas tous partie prenante de ce processus, qu’on le veuille ou non?
 
 
24 janvier 2006
 
 
 
Première Autre vérité
 
 
Je pensais aux ouragans, et puis à Katrina et Wilma.  J'ai ressenti ce qu'ils ont fait, et la dévastation et la douleur qu'ils ont laissés derrière.  Après avoir lu sur eux, je les ai mis de côté et je me suis imprégnée de ce phénomène dans ma propre vie.
 
 
Comment se porte cette dangeuseuse partie de moi?  Suis-je seulement consciente de cette force que je porte en moi?  Est-ce que je suis consciente que cette force s'accumule et devient tellement puissante qu'elle prend forme et vie d'elle-même?  Est-ce que je suis consciente que cette force ne peut retourner à sa forme originale sans ces actions destructrices?  Qui est cette partie destructrice de moi-même qui casse en mille miettes ce qui se retrouve sur son passage sans considération pour les dommages causés?  Puis-je continuer d'ignorer les conséquences de mes intentions et de mes actions sur la vie des autres?  Est-ce que j'ai tellement mal utilisé cette force en moi que je ne la maîtrise plus?  Est-ce que j'ai besoin de détruire la vie autour de moi dans le but d'avoir enfin une identité, pour exister?  Est-ce que j'ai oublié ce centre en moi où tout est silencieux et calme?  Pourquoi continuer d'utiliser ma volonté comme une énergie potentiellement dangeureuse?  Est-ce que je peux apprendre la création de l'harmonie au lieu de désastres?  Qui est cette partie de moi qui a enlevé la vie à tellement d'autres facettes de moi-même du revers de la main?  Est-ce que je peux me permettre de continuer comme ça?  Est-ce que je peux reprendre le pouvoir de cette partie de moi?  Est-ce que je veux apprendre à transformer cette énergie et l'utiliser de façon constructive?  Vais-je me rappeler de m'enraciner à la terre pour dissiper ce furie?  Mes terres s'en remettront-elles un jour?  Comment puis-je guérir?
 
 
Ai-je encore besoin de désastres comme ceux-ci pour réaliser que la vie est précieuse et fragile et unique?  Suis-je prête à ouvrir mon coeur sans avoir à être témoin  ou à expérimenter ces désordres?  Ferai-je du sens un jour de tout ceci?  Ces catastrophe vont-elles me révéler ce que je ne pouvais voir avant?
 
 
1er décembre 2005
   
  

Un jour, nous n'aurons plus besoin de la souffrance des autres pour voir, comprendre et ressentir que nous avons des blessures à guérir et de l'amour à libérer.

 
 
"Le grand défi lancé par la nature à l'homme est de dépasser les illusions de l'égo pour découvrir, derrière les beautés contradictoires de l'individuation, le fond commun de tous les êtres."     nouvellescles.com
©2007 Manon Castonguay - créer, partager et être humain